Une neuroscience expérimentale.

 

 

 

« La neuroconnectique est à la psychologie – voire, sous certains aspects, à la neuropsychologie – ce que la génétique est à la biologie. »

Daniel-Philippe de Sudres

 

 

Elle est définie telle une neuroscience expérimentale de « l’éveil ».

 

Éveil de quoi ?

Éveil, pourquoi ?

 

 

« Deviens celui qu’au fond de toi, tu es »

Johann-Wolfgang von Goethe

 

Que signifie « éveiller l’être » ?

De quel « être » s’agit-il ?

Que signifie « éveiller l’être qu’au fond de nous nous sommes  » ?

 

Il s’agit d’entrer en conscience en nous-mêmes, avec soi-même, avec ces actions, ces motivations, ces pensées et paroles qui sont – apparemment, indiscutablement se pense-t-il en nous – bien à nous.

Il s’agit d’entrer dans la conscience de nos sensations et actions, dans la conscience de nos émotions et motivations, dans la conscience de nos réflexions et cogitations afin de découvrir qui nous sommes réellement, afin de nous libérer de nos soucis, de nos souffrances, de nos inquiétudes afin d’entrer en expérience avec nous-mêmes, afin d’aller à la rencontre de nos talents, à la rencontre de notre propre splendeur.

Il s’agit d’accueillir l’amour de la vie, et sa puissance transformatrice nous permettant d’oser être, non plus paraître pour nous conformer au moule, mais être pour nous révéler à nous-mêmes tout en offrant à l’humanité notre singularité consciemment mise en valeur.

 

L’éveil, qui oriente cette neuroscience expérimentale « de l’éveil » ou, plus neurophysologiquement, de la vigilance lucide 1 qu’est la neuroconnectique, n’est pas simplement l’éveil cholinergique que nous connaissons tous, chaque matin, en sortant de notre sommeil nocturne.

 

Francisco Varela posa la question :

– « Combien de fois (…) tu es en train de marcher ou de prendre le métro ou même de manger et tu es ailleurs ? Tu es en train de penser à la réunion qui vient de se passer, hein l’emmerdeur qui hein hein hein, tout cet espèce de dialogue permanent dans la tête. Et du coup, quelqu’un klaxonne et hé ! tu te rends compte que tu reviens à ce moment vivant, présent où, euh, c’est les…

 

– Et là tu retrouves ta conscience ?

 

– Tu retrouves ta conscience et c’est intéressant, justement, de remarquer que : il y a un tendance à la perdre2»

 

L’éveil, qui oriente cette neuroscience expérimentale de la vigilance lucide qu’est la neuroconnectique, est aussi et surtout l’éveil dopaminergique et sérotoninergique renforçant l’éveil cholinergique, éveil des boucles réentrantes des couches III et VI de notre néocortex, éveil, en d’autres termes, de la conscience réflexive particulière qui permet, selon l’expression chère à Antonio Damasio, « le sentiment même de soi ».

 

Il s’agit d’un éveil de ce que la biopsychomécanique en laquelle je me réveille chaque matin, en laquelle je suis en se moment et qui s’appelle en nous tous « Moi je », est en train de « faire » toute seule sans moi 3 : éveil du fait que « je » suis en train de lire ces lignes en ce moment sans sentir que je suis là, respirant, sans savoir que je peux librement changer l’une de ces pensées qui se pensent toutes seules en « moaaa 4 », éveil du fait que je ne savais pas « comment » je lisais et que je ne le sais toujours pas si un éveilleur, un mot réveilleur par « eKZemple » ne vient « râle en tir » la façon machinale que mes yeux ont de chercher trois, cinq ou sept lettres d’avance selon le type de cerveau, et de formatage cérébral, en lequel j’habite et dont je ne me souciais pas jusqu’à à l’instant où quelque instance en moaaa, « ça » en « moi 5 » se sent agacé de comprendre que j’étais un « robot » et que soudain il m’est montré cette vérité dérangeante : que j’en suis un et que j’aurai tout intérêt à m’éveiller à « comment « ça » fonctionne en « Moi » ».

 

Comment atteindre cet éveil corporel, émotionnel-motivationnel, puis intellectuel voire conceptuel ?

 

Une discipline nouvelle, la neuroconnectique, neuroscience expérimentale des états de vigilance lucide, nous le propose.

 

 

 

Les postulats fondateurs de la neuroconnectique sont :

 

Postulats neuroconnectiques issus de la recherche neuropsychologique :

  1. modularité

  2. transparence

  3. universalité

 

Postulats strictement neuroconnectiques :

  1. neuromatricité

  2. multinivellement de la mémoire

  3. bi-orientabilité (« oubli inverse » bi-orienté « objet/sujet » )

  1. self-programmicité

  2. énergétisation transmodale autoproduite

  3. stadéité de l’éveil et (principe de) neuroconscientisation inter-états

  4. signalisation neuroconnectique

 

Postulats neuroconnectiques asseyant la neuroplasticité :

  1. neuroconnectivité (ou « polytâchéité » neuroconnective)

  2. « organicité » (ou potentialité organique)

  3. transmodularité

 

 

Les concepts généraux de la neuroconnectique sont :

 

  1. instantanéité capturée (concept favorisant notre libération de tout attachement nous emprisonnant dans « notre » passé)

  2. intégration – ou expérimentation intégrative (concept favorisant notre libération des attitudes schizoïdes)

  3. observation/auto-observation (concept favorisant la libération de notre inattention et autres actes… manqués d’étourderie)

  4. désidentification (concept favorisant la libération de nos dépendances)

  5. réénergétisation (concept favorisant, par la conservation et la création d’énergie, la libération de notre fatigue)

  6. acquisition de neurofonctionnalités (concept favorisant la libération de nos limitations sapiennes)

 

 

 

 

Outils neurotechniques

– dérivés des postulats fondateurs de la neuroconnectique :

 

  1. relaxation active « en aveugle »

  2. ralentissement neuroconnecteur

  3. stoppage modulaire

  4. stoppage transmodulaire

  5. « rendez-vous avec soi-même »

  6. plongée hypnagogique suivie d’une remontée hypnopompique

 

Exercices expérientiels

– entrant dans le cadre des outils neurotechniques (lire la littérature neuroconnectique portant sur ces « exercices-bases »)

 

 

 

Principes neuroconnectiques (et mécanismes pouvant en issir) :

 

  1. volonté et intentionnalité (ou volonté et intention)

  2. « ça » et Je (de l’intelligence de nommer précisément qui, en nous, se manifeste)

  1. personnalité « socioculturelle » ou socioéconomique

– et personnalité « naturelle » ou ontologique

1 Pour rappel et complément d’information, nous (neuroconnecticiens) invitons nos lecteurs et lectrices à une différenciation stricte entre l’hypervigilance – qui est un état accidentellement accru de sensitivité sensorielle accompagnée de comportements exagérément intenses car renforcés et s’auto-renforçant schizoïdiquement, formant une alerte quasi-permanente hyperstressante psycho- et physiopathologique – et la vigilance lucide – qui est un état volontairement et intentionnellement accru de sensitivité sensorielle voire motrice neuroconnectée à une « sensitivité » émotionnelle voire motivationnelle ou/et à une « sensitivité » conceptuelle entrante (réflexion ou équivalent en termes de saisie d’objets conceptuels – films d’images « mentales », suite de sonorités « mentales » et autres sensorialités conceptuelles – se ravivant par le souvenir en nous – au gré par exemple d’olfactions « sentimentales » telles la célèbre expérience proustienne de la madeleine) voire conceptuelle sortante (cogitation ou équivalent en termes de construction d’objets conceptuels s’établissant à partir de souvenirs en nous). Il est clair que, neurofonctionnellement, la vigilance lucide se distingue des autres formes de vigilances – dont l’hypervigilance – par le fait qu’elle résulte de processus réentrants. Nous savons que « l’administration d’un drogue telle que l’a-méthylparathyrosine qui inhibe la thyrosine hydroxylase (première étape enzymatique sur la voie de synthèse des catécholamines) provoque une diminution remarquable de l’éveil chez le chat, même si celui-ci a été soumis au préalable à une injection excitante d’amphétamines ; une injection ultérieure de DOPA à un tel animal somnolent provoque le réveil. À la lumière de ces observations, le système catécholaminergique dans son ensemble paraît intervenir dans les processus neurochimiques qui sous tendent l’état vigile », d’après Nicole Boisacq-Schepens et Marc Crommelinck dans Neuropsychophysiologie, chapitre 13, « La vigilance ». Nous savons que la production altérée de catécholamines peut produire une forte anxiété (base de l’hypervigilance) ; ce pendant que les mécanismes catécholaminergiques peuvent être renforcés via des sollicitations synaptiques stabilisatrices. Ainsi, l’état vigilant lucide proviendrait, d’une part, de la neuroconnexion entre une entrée sensorielle donnée (visuelle par exemple) et une autre entrée prise dans l’un des deux autres neurosystèmes dont dispose Homo sapiens (par conséquent soit dans le neurosous-système émotionnel, soit dans le neurosous-système conceptuel entrant), ou entre cette même entrée sensorielle donnée (visuelle dans notre exemple) et une sortie sensorielle correspondante (orientation corporellement motrice du regard dans notre exemple), et proviendrait, d’autre part, du renforcement catécholaminergique favorisant sur le plan biochimique le processus général réentrant ainsi obtenu par réitération de neuroconnexions (© LMRC et Daniel-Philippe de Sudres pour ce laboratoire + texte déposé actuellement chez un éditeur universitaire).

  • 2 Pour ce bref extrait, nous nous sommes servis de l’enregistrement original (une copie archivée) de l’entrevue du neurobiologiste. Une écriture approximative de bonne qualité existe sur http://archives.arte.tv/hebdo/archimed/20000104/ftext/sujet4.html

    3 Comprenons : une connexion neuronale née de l’effort d’émergence puis de stabilisation d’un Je neuronal apparaissant, par neuroconnexions réitérées, entre les neurostructures corporelles, émotivationnelles et intellectuelles existantes en notre totalité organique.

    4 Ici, comprenons : en notre totalité organique (biologique, physiologique et psychologique).

    5 Ici, comprenons : en notre totalité organique.

    Copyright : Daniel-Philippe de Sudres pour la création du texte, Serge Lescaroux, Aubry Moret et al. pour sa discussion, rédaction définitive, présentation et diffusion internautique. Dépôt légal 1er trimestre 2016. Loi du 11 mars 1957. Art. L122-415 et L335-2 du code de la propriété intellectuelle.

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