Définition de la  neuroconnectique1

English definition

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Domaine de définition

La neuroconnectique participe de la structure épistémologique des sciences naturelles étudiant les neurones, notamment dans leur fonctionnement et leurs communications (neurosciences cognitives).
Elle s’inscrit plus précisément dans le champ épistémologique des disciplines neuroscientifiques à caractère cognitiviste connexionniste puisqu’elle se préoccupe des interactions entre neurones compris en tant que sous-unités de modules pouvant fonctionner séparément les uns des autres ou en collaboration les uns avec les autres.

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Définition (stricto sensu)

Dans nos sociétés, où chacun(e) de nous ignore, d’ordinaire, ce qu’est l’être humain compris du point d’observation neurophysiologique ou neuropsychologique, parce que nous vivons généralement au gré de modules neuronaux dissociés les uns des autres (chacun étant « spécialisé »), cette discipline crée une liaison : elle nous propose d’apprendre comment connecter entre-eux ces modules (= nos réflexions, nos émotions, nos sensations…) et nous permet ainsi d’apprendre à mieux vivre socialement.

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Exemples définitoires

Nous croyons que nous pensons, nous en sommes même persuadé puisque nous disons par exemple « j’ai pensé à… ». La réalité est pourtant toute autre : des pensées s’élaborent en nos cerveaux sans nous, sans nous demander notre avis. Preuve en sont nos absurdes contradictions, nos lapsus linguae, nos actes manqués, nos « je ne le sens plus », nos « j’avais oublié », et autres incoordinations insensées entre ce que notre bouche ou notre écriture dit ou écrit avoir décidé et ce que nos actes réalisent – ou ne réalisent pas – effectivement ; ces processus schizoïdes s’accroissant en vieillissant.
Nous croyons pareillement que nos motivations et nos actions seraient décidées par nous, en fonction de nos pensées. Or les multiples incohérences entre les unes et les autres nous montrent que cela fonctionne autrement : « ça »… « pense » tout seul en nous, « ça » s’émeut ou/et motive tout seul en nous, « ça » perçoit ou agit tout aussi automatiquement en nous, sans coordination aucune.
D’un point de vue définitoire, la
neuroconnectique 2 est donc une discipline entrant dans le cadre des neurosciences cognitives – connexionnistes – expérimentales se définissant telle une neuroscience des connexions neuronales génératrices de conscience attentive.
Effectivement, elle vise (par l’exploration, l’
étude et la recherche expérimentale ainsi que théorique) la mise en connexion de réseaux neuronaux (groupes de neurones, neurones voire tissus membranaires) qui ne sont pas interconnectés usuellement.
Cette «  mise en connexion » peut servir

à soigner des dysfonctionnements organiques (et… « psychiques »)
à explorer des neurofonctionnements existants sous des aspects inhabituels, parfois inconnus, insoupçonnés
à découvrir des modes de neurofonctionnement nouveaux (voies neuronales parallèles, complémentaires et supplémentaires aux voies fonctionnelles usuelles)
à favoriser l’apparition de neurofonctionnalités (voire de neurofonctions)
à stabiliser synaptiquement ces neurofonctionnalités nouvelles.

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Processus procéduraux

En termes de procédure, la neuroconnectique met en relation ce qui perçoit et se meut (la perception et l’action), ce qui est ému et émeut (la réception et la production d’émotions, il s’entend : l’émotion et la motivation) et ce qui « pense » (la réception/transformation d’idées – réflexion – et la production/création d’idées – cogitation ou cognition organisative, organisatrice, créative voire créatrice) en nous, du point de vue de la communication interne, avec notre environnement : le « monde » des objets, le « monde » des êtres et le « monde » des idées, en termes de communication externe.
Par exemple, une émotion fugace ou une pensée géniale nous traverse. Peut-être cette délicieuse émotion ou cette idée étonnamment intelligente ne ressurgira-t-elle plus jamais en nous de toute notre vie.
Cependant, dès l’instant que nous savons étudier (entendons : auto-observer et expérimenter intégrativement),
in vivo, en leurs neurofonctionnements, les pré-représentations des concepts se construisant en nous aux instants (centisecondes puis millisecondes) où ils se construisent,
de même que, dès l’instant que nous savons étudier (entendons : auto-observer et expérimenter intégrativement), in vivo, en leurs neurofonctionnements, les émois se construisant en nous aux instants (centisecondes puis millisecondes) où ils se construisent,
ce processus émotivationnel entrant que l’on nomme usuellement « émotion » et ce processus intellectuel sortant que l’on nomme usuellement « cogitation » nous deviennent accessibles et reproductibles.
Ils ne nous adviennent plus ; à l’inverse : nous les produisons volontairement et intentionnellement.
Plus simplement et brièvement, en s’intéressant exclusivement à ses processus neurophysiologiques et neuropsychologiques décisionnels (
via leur localisation cérébrale), la neuroconnectique se préoccupe des liaisons expliquant et permettant les « fonctions qui confèrent à l’homme son aptitude :

à agir non seulement en réaction à des évènements externes mais aussi en relation avec des buts internes,
à être un sujet agissant unitaire et autonome 3 », apparemment, du moins, en tant que « machine vivante » capable (au stade I de veille ou stade 6 de neuroconscientisation), dans une programmation très élargie, d’auto-entretenir l’illusion d’une liberté d’action décisionnelle 4.

Sur un plan neuropsychologique voire psychologique, la neuroconnectique permet l’« oubli inverse » réminiscent en double tâche bi-orientée « objet/sujet » ou « rappel de mémoire réminiscent de soi ». Le « rappel réminiscent de soi » est inhérent à notre fonctionnement neuronal au stade 7 de neuroconscientisation, ou stade II de veille et aux stades plus lucides suivants.

Sans « rappel réminiscent de soi » (tel que nous sommes quand nous neurofonctionnons « ordinairement », selon un fonctionnement neuronal au stade 6 de neuroconscientisation, ou stade I de veille, notre « veille » ordinaire…), nous neurofonctionnons selon un mode de fonctionnement cérébral neuroscientifiquement étrange : souvent, nous nous retrouvons en train de marcher dans la rue, ou nous nous retrouvons en colère, en inquiétude, en joie… alors que le dernier souvenir que nous gardions de nous, à ce moment-là, était d’être assis(e) sur une chaise tranquillement, paisiblement.

Tout fonctionne sans nous : nos jambes semblent s’être mises à fonctionner sans nous le demander (et même sans nous en informer) et avoir marché par habitude, par automatisme, sans nous, ou bien nous étions tranquille et telle ou telle émotion s’est emparée de nous, telle réflexion s’est ensuite installée en nous, nous a « forcé » à agir… sans nous, sans notre consentement. Entre assis(e) et marchant dans la rue, ou entre tranquille et en colère, ou inquiet ou en joie, nous ignorons que s’est-il produit car nous n’étions pas là, seuls des modules neuronaux étaient là sans nous, sans être connectés entre eux pour qu’émerge une conscience apte à coordonner le tout, ce que propose la neuroconnectique.

Dans notre existence ordinaire, nous le constatons : il n’y a pas de « pilote dans l’avion ».

A contrario, dans une existence où nous apprenons à reconfigurer nous-mêmes nos assemblées de neurones, un réseau d’auto-identification autoréférent (un « Moi » disent les psychologues) émerge de ces neuroconnexions, qui nous permet de piloter nos « neurosystèmes » (sensoriel, corporel moteur, émotionnel, motivationnel, intellectuel, voire conceptuels…) et par conséquent de piloter notre existence. La neuroconnectique permet cet auto-pilotage.

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Conclusion
Effectivement, cette discipline vise (par l’exploration, l’étude et la recherche expérimentale – ainsi que théorique) la mise en connexion de structures neurales (groupes de neurones, neurones voire structures biochimiques fonctionnant comme des neurones, depuis NAD+ se comportant tel un neurotransmetteur, par exemple) qui ne sont pas interconnectées usuellement.
Cette « mise en connexion » peut servir :
→ à soigner des dysfonctionnements organiques (et… « psychiques ») ;
→ à explorer des neurofonctionnements existants sous des aspects inhabituels, parfois inconnus, insoupçonnés ;
→ à découvrir des modes de neurofonctionnement nouveaux (voies neurales parallèles, complémentaires et supplémentaires aux voies fonctionnelles usuelles) ;
→ à favoriser l’apparition de neurofonctionnalités (voire de neurofonctions) chez Homo sapiens (qui, alors, tend à évoluer en Homo pertinens) ;
→ à stabiliser synaptiquement ces neurofonctionnalités nouvelles.

 

 

 

1 Cette définition de la neuroconnectique est extraite des livres :

Neuroconnectique : postulats – pour une neuroscience des connexions neuronales génératrices de conscience attentive développant notre neuroplasticité, Éditions universitaires européennes, Saarbrücken, 2011,

→ et Neuroconnectique : bases neurales et bases phénoménales conceptuellespour une neuroscience des connexions neuronales génératrices de neuroplasticité, Éditions universitaires européennes, Saarbrücken, 2012,

→ avec l’autorisation de l’auteur, Daniel-Philippe de Sudres ;

→ puis du livre : Neuroconnectique: Mini-dictionnaire, Éditions universitaires européennes, Saarbrücken, 2012,

→ avec l’autorisation des auteurs, Serge Lescaroux, Magda Carneci et Tanguy de Rocheprise (+).

2 Ici, la neuroconnectique dite « humaine », deux variantes de la discipline étant en projet autour d’applications nanotechnologiques et d’accélérations génétiques qui seront concrétisées dans les décennies qui viennent.

3 Étienne Koechlin, « Architecture des fonctions exécutives du cortex préfrontal : approche par la théorie de l’information » (consulter notre bibliographie) qui, à ce sujet, a écrit à l’auteur : « c’est très important à mes yeux : il s’agit vraiment du rôle du cortex préfrontal latéral : faire correspondre les buts internes, les actions à l’environnement réel ou inversement ».

4 Daniel-Philippe de Sudres précisant ici, à une relectrice-discutante, dans le texte d’origine : « La recherche en neuroconnectique a mis en évidence l’existence chez Homo sapiens de deux états de fonctionnement cérébral dans l’état de conscience dit « de veille » : un état de fonctionnement cérébral « normal » (ou « orthodoxal ») composé d’un stade unique de veille (celui que nous appelons chaque jour notre « état de veille » qui suit notre réveil après être passé par notre « état de sommeil ») pouvant – si nous nous y entrainons – être suivi d’un état de fonctionnement cérébral « paradoxal » composé de quatre stades de veille. Tout ceci est longuement expliqué au fil des pages qui suivent. Comme il est démontré tout au long de ce livre, au stade I de veille (ou stade 6…) nous avons l’illusion d’être capables et libres de décider. En réalité, des programmes neuronaux décident de toutes nos applications fonctionnelles sans même nous consulter : notre « Moi », si important pour les psychologues, n’est qu’un épiphénomène dont la nature ne se préoccupe pas ; pour elle, il n’existe pas de « Moi ». Cependant, une autre forme de conscience, qui existe pour la nature (biochimie, neurobiologie…), peut émerger et participer à nos neuroprogrammations, voire les orienter et même générer, depuis elles, de nouvelles fonctionnalités dans nos cerveaux. Ceci est le domaine d’exploration de la nouvelle discipline qu’est la neuroconnectique. »

Copyright : Daniel-Philippe de Sudres pour la création du texte, Serge Lescaroux, Aubry Moret et al. pour sa discussion, rédaction définitive, présentation et diffusion internautique. Dépôt légal 1er trimestre 2016. Loi du 11 mars 1957. Art. L122-415 et L335-2 du code de la propriété intellectuelle.

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