Parmi les trente cinq exercices de base (neurofonctions basiques) 1que compte la neuroconnectique, ses sept exercices-bases motriperceptifs – ou corporels – sont les suivants.

 

Neurofonction 01 → densification ou relaxation de la structure d’agencement de nos actes et micro-actes (par exemple : émettre une impulsion pour modifier la position de notre œil dans son orbite) ; intensité physiologique des micro-actes et groupes d’actes et de micro-actes 2, tension neuromusculaire ou, au contraire, détente sur le plan neuromusculaire 3, laisser-aller dans le choix des actes et micro-actes employés 4, (exemple d’auto-observation : « A quelle heure mon corps est-il fatigué, « énervé », me rendant susceptible, agacé, énervable ? »). Programmé le lundi, cet exercice-base oriente ce jour tel une journée « cérémoniale ».

 

Neurofonction 02 → tenter d’auto-observer notre position spatiale 5, lorsque nous nous positionnons corporellement dans l’espace topographique = prendre position spatialement 6 vers le centre ou la périphérie d’une pièce dans telle ou telle pièce, dans telle ou telle maison, dans tel ou tel quartier, dans telle ou telle ville, dans tel ou tel pays, sur tel ou tel continent, sur telle ou telle planète de notre système stellaire… : auto-observer lorsque je change de position spatiale/espace géographique salon, cuisine, chambre, cabinet d’aisance (populairement renommé « WC »), salle de bains ou salle de conférences…), marchons-nous en longeant les murs ou en cheminant sur le trottoir du coté des automobiles, nôtre corps cherche-t-il le lieu clos ou le lieu ouvert, lorsque nous entrons dans une pièce son cervelet et son système vestibulaire l’orientent-ils vers le centre de celle-ci, ou contre un mur droit, ou un angle, ou un mur rond, ou une porte ou une fenêtre… 7 ? Programmé le mardi, cet exercice-base oriente ce jour tel une journée « architecturale » ; cela se meut corporellement 8.

 

Neurofonction 03 → lorsque nos yeux voient des images physiologiques (capture/recombinaison/reconnaissance sémiologique puis sémantique des formes, couleurs, mouvements, contrastes, reliefs, densités volumiques) 9, auto-observer, en les distinguant, quand ils sont en train de voir 10 et quand ils émettent un regard ; programmé le mercredi, cet exercice-base oriente pour les étudiants ce jour tel une journée qui soit, « picturale » 11 .

 

Neurofonction 04 → tenter d’auto-observer, via nos mouvements corporels 12, la mouvance, la mobilité externe 13 (des membres, tronc, tête, langue, yeux…) et interne (poumons, cœur, estomac…) 14, capturer les moments où cela se meut corporellement 15. Programmé le jeudi, cet exercice-base oriente ce jour tel une journée « chorégraphique » 16.

 

Neurofonction 05 → tenter d’auto-observer nos postures corporelles 17, leur redondance : fixation d’un geste dans l’espace et le temps. Programmé le vendredi, cet exercice-base oriente ce jour tel une journée « sculpturale ».

 

Neurofonction 06 → tenter d’auto-observer, d’habiter, de piloter les personnages psychosociaux générant les rôles se jouant en nous 18 : habits, postures, regards, etc. raffinés, mimant un personnage important où chaque détail est choisi, symboliquement choisi et associé avec un autre – ou vêtements, mouvements et autres expressions banalisées, souvent réactives 19, à la façon de gens souillions, désinvoltes, où nous nous habillions, ou regardons n’importe comment = degré d’« humidité », théâtralisation de la personnalité. Programmé le samedi, cet exercice-base oriente ce jour tel une journée « théâtrale ».

 

Neurofonction 07 → tenter d’auto-observer lorsque nos oreilles entendent 20 des sonorités divisées en sons externes (bruits = variations de pression et voix 21) et sons internes (frottements de mains ou de pieds, gargouillements stomacaux, notre propre voix…) et autres processus vibratoires 22 entendus ou émis 23. Programmé le dimanche, cet exercice-base oriente ce jour tel une journée « musicale » 24.

 

1 L’enseignement de la neuroconnectique propose vingt et un (21) « exercices-bases » (soit vingt et une neurofonctions… simples) pendant les deux premières années d’étude de la discipline, auxquelles s’ajoutent quatorze (14) neurofonctions complexes pendant la cinquième année d’étude de la discipline…

2 Les mécanismes (corporels) « végétatifs » composant la neurofonction 1 sont usuellement neuroconnectés à des mécanismes (corporels) moteurs inhérents à la neurofonction 4, notamment dans le cadre des réactions motrices-végétatives que l’expérience neuroconnectique sépare pour mieux nous permettre de nous les approprier distinctement. « Plusieurs stimuli-signaux proviennent non de mouvements volontaires au niveau de la musculature squelettique, mais de réactions contrôlées par le système neurovégétatif : ce sont, par exemple, des mouvements des poils et des plumes, des changements de coloration cutanée dus à des variations du diamètre des vaisseaux sous-cutanés ou encore des modifications de diamètre pupillaire. », d’après Nicole Boisacq-Schepens et Marc Crommelinck dans Neuropsychophysiologie, chapitre 28, « La communication non verbale ».

3 Sous un angle d’observation ontogénétique, la sensation neuromusculaire de notre pied droit ou de notre épaule gauche, là, maintenant, tout de suite, est activable en nous si nous avons été entraînés tôtivement depuis la possible sensation tactilo-kinesthésique de ce qui exerce une pression sur nous. D’où la recommandation d’un massage des bébés (et aussi des fœtus), opéré au moyen d’un toucher « haptonomique » qu’il convient ici de renommer : toucher « par pressions » ou « tactilo-kinesthésique ». L’autre forme du massage des bébés (et des fœtus), étant « topokinesthésique » (terme forgé par Alain Berthoz) : il s’agit du toucher « postural » employé par les obstétriciens en vue de déplacer les bébés lorsqu’ils se présentent à eux incorrectement qui, déjà, chez le fœtus, par le seul fait qu’il entende la voix du parent, rassure l’enfant qui en ressent une vibration parcourant tout son dos, puis tout son corps.

4 Cet exercice expérientiel activerait les régions impliquées dans le contrôle des mouvements internes autonomes, notamment respiratoire et vasomoteur, ici en relation avec la sensation que nous avons d’être relaxé ou contracté neuromusculairement. Il solliciterait aussi les aires cytoarchitectoniques brodmanniennes 38 et 47. L’aire temporopolaire Br 38 est une aire temporale associative (composée de sept micro-aires – secondaires et tertiaires – chimioarchitectoniques) dont l’excitation provoque une augmentation de la tension artérielle (précision d’observations : la respiration calme, accompagnant la relaxation neuromusculaire via ce « neuroyoga © » qu’est la neuroconnectique appliquée au stade II de veille au gré de l’apprentissage de la neurofonction 1, modifie la diffusion du sang au sein de sa circulation dans les artères, veines voire vaisseaux, au centre ou contre les parois de ceux-ci). Située dans la partie postérieure de la face orbitaire du lobe frontal, l’aire Br 47 peut provoquer, lorsqu’elle est excitée, des troubles végétatifs intenses, une inhibition respiratoire et des variations de la pression artérielle le présentant tel un régulateur de la motricité. L’aire sensitive profonde Br 2 serait aussi activée par cet exercice.

5 Cet exercice expérientiel activerait les aires cytoarchitectoniques brodmanniennes 46, 47 et 7, aires, situées dans le cortex frontal (Br 46 – gyrus préfrontal dorsal – et 47 – gyrus préfrontal inférieur) et le cortex pariétal supérieur (Br 7), respectivement impliquées dans la mémoire spatiale (Br 46) du fait d’un effet vibratoire (= auditif) régulateur de la motricité et dans la notion de position qu’elle induit (Br 47 associée à Br 46), et impliquées dans la vision de repérage spatial (Br 7).

6 L’exercice-base 2 active les « cellules de lieu », sachant que « Wilder Penfield avait trouvé que les souvenirs conscients étaient évoqués chez des patients lorsqu’ils stimulaient des aires particulières du lobe temporal, tel l’hippocampe (…) O’Keefe (…) avait placé des électrodes dans l’hippocampe d’un rat pour tenter d’enregistrer l’activité électrique dans cette structure durant le codage neuronal d’un souvenir. Normalement, les neurones de projection présents dans l’hippocampe déchargent assez lentement, environ une fois par seconde. Mais O’Keefe remarqua que le taux de décharge augmentait dramatiquement, jusqu’à des centaines de coups par seconde, quand le rat se trouvait à un certain endroit. Dès qu’il quittait cet emplacement, la cellule arrêtait de décharger et quand elle y revenait, elle recommençait. Comme ces neurones semblaient assurer la localisation spatiale du rat, O’Keefe les nomma « cellules de lieu » (0’Keefe et Nadel, 1978). (…). Les cellules de lieu de l’hippocampe codent pour la localisation de l’organisme lorsqu’il se déplace dans son environnement. Par exemple, quand unrat explore une boite rectangulaire en quête de granulés alimentaires, différentes cellules s’activent à différents emplacements. (…). L’endroit dans l’environnement où une cellule de lieu s’active est dénommée son « champ associé ». Tout l’environnement peut ainsi être représenté par le truchement de nombreuses cellules hippocampiques, et certains chercheurs pensent que l’hippocampe créé une carte de l’espace extérieur qui est utilisée pour s’y déplacer. D’autres estiment que l’information spatiale est juste un exemple des relations complexes traitées par l’hippocampe. (…). Les neurones de l’hippocampe représentent l’espace et comment les décharges de ces cellules peuvent prédire où ira ensuite le rat (Bruce Mc Naughton et al, 1998) », Joseph LeDoux, Neurobiologie de la personnalité, chapitre 5.

7 L’auteur nous stipule ceci : « J’ai observé que la plupart d’entre nous – humains sapiens – ne vivant toute leur existence qu’au stade I (ou 6…) voire, au mieux, qu’aux stades I et II de veille (ou 6 et 7…), ignorant jusqu’à l’existence d’un stade III (ou 8…) accessible à tout Homo sapiens intelligent – ne connaissent que deux positions corporelles spatiales dans un train ou autre lieu du type « salon », « salle d’attente », etc. : ils sont soit assis, soit debout, et sinon leur « debout » signifie soit « aller à droite », soit « aller à gauche ». En d’autres termes, ils n’ont d’expérience de la position basse ou haute du corps animal en lequel ils habitent, en hauteur-profondeur, que de manière statique. Sinon, leur dynamique, leurs mouvements n’existent que sur un plan horizontal. Disposant d’un degré supplémentaire de conscience grâce à la neuroconnectique que j’expérimente, il m’amuse souvent de me promener dans un train en me hissant, avec les muscles de mes bras, sur les barres horizontales situées en hauteur dans le but de permettre aux passagers de se tenir en cours de route. Outre le fait de me promener ainsi plus rapidement, moins jambièrement et plus brassement, tout en percevant la réalité du train autrement que les gens emprisonnés dans les stades I voire II de veille, ceci à d’autres avantages… » Au-delà des premières leçons visant l’auto-observation mentionnée ici, le Cours de neuroconnectique fonctionnelle nous propose une expérimentation structurée (interruptions/mémorisations/répétitions, inhabitudes asymétriques et symétriques, etc.). Concernant sa remarque finale, Daniel-Philippe de Sudres nous a expliqué : « Les liaisons philogénétiques et ontogénétiques reliant nôtre neurosystème corporel et nos neurosystèmes émotivationnel et conceptuel, notamment intellectuel – depuis des connexions neuronales résultant de transversales vectorielles du type 2 inter 9 inter 16 – implémentent, via notre capacité à mouvoir notre positionnement « sentimental » et notre positionnement « mental », deux neurofonctions nouvelles du type « se hisser en se mouvant dans le train mouvant… des événements », l’une motivationnelle et l’autre intellectuelle sortante (ou/et intellectuelle/sensoriconceptuelle, globalement conceptuelle sortante) ; en d’autres termes, ce simple jeu est un accélérateur d’émouvance et d’intelligence ».

8 Concernant nos mouvements corporels, cet exercice expérientiel activerait l’aire cytoarchitectonique brodmannienne 2, située au sommet du lobe pariétal, dont l’une des propriétés est d’enregistrer de façon continue la posture et les mouvements des membres. Certaines aires spécifiques seraient sollicitées par cet exercice : par exemple l’aire frontale supérieure Br 8 impliquée dans l’oculomotricité et les mouvements pupillaires, activée lors des tâches de discernement visuel.

9 Cet exercice expérientiel activerait les aires cytoarchitectoniques brodmanniennes 17, 18 et 19, aires, situées dans le cortex occipital, formant l’aire visuelle primaire et le cortex visuel associatif impliqués dans la vision (physiologique) en son ensemble. Au début du vingt-et-unième siècle, les aires visuelles répertoriées dans le lobe occipital, avec des extensions dans des lobes leur étant antérieurs, sont : (voie du « quoi ») V1 (aire visuelle directement reliée au corps géniculé latéral et composée de neurones disposés en couches et en colonnes permettant la saisie globale de l’information visuelle), V2 (aire associative… associant ce qui est perçu – formes, mouvements et couleurs, comme pour V1-Br 17 – à des aires analytiques), V3 (aire sensible aux formes au travers des contrastes, recevant ses neuroconnexions des bandes épaisses de V2 voire directement de V1), VP (aire ventrale postérieure servant au positionnement dans l’espace en situation mobile), V3A (aire faussement « accessoire » d’établissement de contrastes fins permettant le cadrage des systèmes de reliefs pour V6 et V7), V4 (aire située dans le cortex inféro-temporal en ses gyri fusiforme et lingual dont les neurones perçoivent les couleurs et leur absence afin de leur traitement par l’aire V8), (voie du «  ») V5 (ou aire MT sensible aux mouvements de l’environnement), V6 (aire visuelle du système visuomoteur pariétofrontal directionnel des mouvements oculaires), V7 (aire de positionnement des systèmes de reliefs), V8 (aire de reconnaissance et traitement des couleurs), KO (sert à l’activation de la voie ventrale visuelle gauche qui connecte la vision à la reconnaissance des mots chez Homo sapiens dès l’âge de dix ans) et LO (aire visuelle de transcription de la représentation en deux dimension spatiales (2D) en trois (3D)).

10« Au début de la vie, les cellules thalamiques connectées aux yeux gauche et droit génèrent des axones qui aboutissent dans des régions se chevauchant au-dedans du cortex visuel. Au cours de notre vieillissement, la ségrégation des axones des deux yeux sollicite des aires dédiées à un oeil ou à l’autre. Les axones peuvent aussi augmenter en complexité. Quand un oeil est fermé ou son activité bloquée, cela libère un territoire qui est alors envahi par les axones de l’autre oeil. La rétraction des axones d’une aire corticale est un argument en faveur d’une opinion sélectionniste du développement ontogénétique, tandis que l’augmentation de la complexité synaptique milite plutôt en faveur d’un point de vue instructionniste, ce qui laisse entendre que les deux postures sont pertinentes », tel que le note Joseph LeDoux (Neurobiologie de la personnalité, chapitre 4, « Quand le cerveau se construit »), d’après Goodman et Shatz, 1993, et Quartz et Sejnowski, 1997.

11 Le découvreur/créateur de la neuroscience à présent dénommée « neuroconnectique » a distingué le neurosous-système visuel des autres neurosous-systèmes sensoriels – olfactif, gustatif, tactilo-kinesthésique, topokinesthésique (sens interne décrit par Alain Berthoz, lire « Mémoire des mouvements » dans notre mini-dictionnaire) et sonore – selon un raisonnement que nous notons ici. Tous nos sens sont apparus, philogénétiquement, d’un besoin d’adaptation de l’animal à son environnement ; par exemple notre peau est devenue tactile parce que le système nerveux de nos ancêtres avait besoin d’informations relatives à ce qui la touchait ; tous sauf un ! Notre neurosous-système visuel est né de la curiosité de notre cerveau le poussant à explorer ce vers quoi il va, d’où le fait que l’œil est un organe sensoriel à part : il est un morceau de notre cerveau sorti explorer l’extérieur de notre boîte crânienne !

12 « La réalisation des mouvements (corporels – et non pas intellectuels ou émotivationnels) met en jeu le système neuromusculaire qui comprend :

a. les effecteurs qui sont les muscles squelettiques innervés par les motoneurones alpha dont les corps cellulaires sont dans la corne antérieure de la moelle ;

b. les grandes voies descendantes cortico-spinales et sous-cortico-spinales qui commandent les motoneurones alpha et gamma ;

c. les centres effecteurs comme le cortex moteur et les aires d’association primaires ;

d. les centres modulateurs comme les ganglions de la base, le noyau rouge, le système limbique et le cervelet.

Les mouvements (corporels) volontaires sont sous la dépendance directe du cortex moteur. Cependant, beaucoup de structures sensorielles et aires d’associations corticales sensorimotrices interviennent dans la forme finale du message qu’un motoneurone spinal transmettra à une fibre musculaire. » Extrait de Neurotransmetteurs, Jean-Marie Meunier/Alexandre Shvaloff, chapitre 17 « Fonctions motrices », Neurotransmetteurs, Éditions Masson, Paris/Milano/Barcelona, 1992, 1996.

13 Beaucoup d’entre nous, humains, fonctionnant au seul stade 6 de neuroconscientisation, ou stade I de veille, manifestent des mouvements corporels – généralement corrélés à des mouvements émotivationnels et conceptuels (principalement « objectuels », comprenons conceptuels d’origine sensorielle, parfois aussi intellectuels) – stéréotypés, souvent de petites agitations des mains, du front, etc. « L’exemple du système dopaminergique qui se projette dans le cortex frontal et dans le striatum permet de comprendre cette propriété. L’administration locale de dopamine dans le striatum active le comportement moteur. A doses plus importantes, les animaux (dont nous, êtres humains tant que nous sommes prisonniers d’un fonctionnement au seul stade I de veille) manifestent des troubles comportementaux avec des mouvements répétitifs ou stéréotypés. La destruction des terminaisons dopaminergiques dans cette structure diminue l’activité motrice. » Extraits de Neurotransmetteurs, Jean-Marie Meunier/Alexandre Shvaloff, chapitre 4 « Phénomènes postsynaptiques », consulter notre bibliographie. Daniel-Philippe de Sudres nous a invité à raisonner sur le fait que l’activation de mouvements – corporels, mais aussi motivationnels et conceptuels, notamment intellectuels sortants – symétriques et dysymétriques neuroconnectiquement coordonnés en double tâche, entraîne notre cerveau à produire de la dopamine puis à en diriger les effets.

14Outre l’une des aires cytoarchitectoniques brodmanniennes ayant un rôle régulateur de la motricité (Br 46) et le gyrus cingulaire qui serait impliqué dans l’initiation du mouvement, cet exercice expérientiel activerait globalement, parmi les aires cytoarchitectoniques brodmanniennes, l’aire frontale 6, quelque peu l’aire préfrontale Br 9, et l’aire pariétale Br 40, ainsi que les aires cingulaires 24 et 32, d’après les travaux de recherche de Marc Jeannerod, Jean Decety, (Laboratoire «Vision et Motricité » de l’Inserm, à Bron, en Europe…) et leurs collaborateurs de l’Université de Milano (en Europe aussi…) ayant comparé les cartes du flux sanguin cérébral selon qu’il s’agisse d’un mouvement corporel ou d’un mouvement conceptuel ( = « mental »). Source : J. Decety, D. Perani, M. Jeannerod, V. Bettinardi, B. Tadary, R. Woods, J.C. Mazziotta, & F. Fazio, « Mapping motor representations with positron emission tomography », Nature, 1994, vol. 371, p. 600-602.

15 Concernant nos mouvements corporels, cet exercice expérientiel activerait l’aire cytoarchitectonique brodmannienne 2, située au sommet du lobe pariétal, dont l’une des propriétés est d’enregistrer de façon continue la posture et les mouvements de nos membres. Certaines aires spécifiques seraient sollicitées par cet exercice : par exemple l’aire frontale supérieure Br 8 impliquée dans l’oculomotricité et les mouvements pupillaires, activée lors des tâches de discernement visuel.

16 « J’ai remarqué que lorsqu’on monte un escalier, on le monte toujours en commençant par le même pied », a observé Christina » Il s’agit de Christina Liu s’exprimant suite à une expérimentation de laboratoire visant à auto-observer nos mouvements corporels. Cette auto-observation entre dans le cadre (en les préparant) de travaux dirigés (et de travaux de recherche) portant sur l’expérimentation d’« inhabitudes symétriques » qui sont, pour illustration, comment se met ou se démet mon t-shirt, au masculin :  mon bras droit est-il au dessus, ou est-ce le gauche qui « croise » d’abord la manche du vêtement ? Et au féminin : quelle main, quels doigts boutonnent en premier mon soutien gorge ? Et par où commencent-ils : par l’agrafe du haut ou par celle du bas ? Pouvons-nous (avant d’en arriver à des finesses d’exploration intellectuelle, conceptuelle, émotivationnelle…) explorer les inhabitudes symétriques extractibles de ces simples mécanismes corporels moteurs (les mécanismes émotivationnels et conceptuels « moteurs » étant évidemment plus complexes qu’eux) ?

17 Concernant nos postures corporelles, cet exercice expérientiel activerait l’aire cytoarchitectonique brodmannienne 2, située au sommet du lobe pariétal, dont l’une des propriétés est d’enregistrer de façon continue la posture et les mouvements des membres.

18 Cet exercice expérientiel activerait notamment l’aire cytoarchitectonique brodmannienne br 26 (lobe temporal limbique).

19 Les mécanismes (corporels) végétatifs composant la neurofonction 6 reprennent généralement ceux de la neurofonction 1, notamment dans le cadre des réactions motrices-végétatives comprises sous un angle d’observation complétant celui nous permettant d’auto-observer le fonctionnement de la neurofonction 1 en chacun(e) de nous. « Plusieurs stimuli-signaux proviennent (…) de réactions contrôlées par le système neurovégétatif (…). Certaines de ces réactions végétatives déclenchent à leur tour des comportements de grattage ou de léchage, lesquels peuvent être ritualisés », d’après Nicole Boisacq-Schepens et Marc Crommelinck dans Neuropsychophysiologie, chapitre 28, « La communication non verbale ». Sous cet angle de compréhension, les rituels, qui semblent si importants dans les sociétés « civilisées » humaines, apparaissent n’être, en réalité, que l’aspect sociabilisé de mécanismes motri-végétatifs, théâtralisant, en leur donnant de soi-disant « sens », des micro-actes réactifs inhérent à tous les animaux.

20 L’activation de notre cortex préfrontal et de notre cortex pariétal prédomine lors du passage de l’état de sommeil (stade 5 de neuroconscientisation) à l’état de veille (stade 6 de neuroconscientisation) comme l’ont montré certains pionniers de l’imagerie par résonance magnétique (C. M. Portas et al., « Auditory processing across the sleep-wake cycle : simultaneous electroencephalography and fonctionnal magnetic resonance imagery monitoring in humans », Neuron, 28, 2000, pp. 991-999). De ces mêmes travaux de recherche découle le fait que concentrer notre attention pendant un court laps de temps sur des stimuli auditifs génère un accroissement de l’activité de notre cortex préfrontal (frontopolaire, dorsolatéral et orbitofrontal), de notre cortex pariétal et de notre cortex auditif secondaire (circonvolution temporale supérieure) ; cette activité demeurant indépendante des neurostructures thalamiques permettant le démarrage du cycle sommeil-veille tout en sollicitant une forme de neuroprocesseur du très court terme régulant, via divers circuits en boucles, la régulation de l’attention ici portée aux entrées sonores telles qu’étudiées lors des travaux dirigés de neuroconnectique répondant à des questions telles que : notre oreille capte-t-elle préférentiellement des sons proches ou éloignés de nous, graves ou aigus, isolés ou groupés, uniques ou fréquents, furtifs (brefs) ou longs (soutenus), bruyants ou mélodieux, etc. ?

21 Les sons « musicaux » créent un sentiment d’appartenance à une collectivité présente, passée ou à venir (Kay Shelemay, Soundskapes : exploring music in a changing world, Norton publisher for the Ethnomusicology Department of the Harward University Press, New-York, 2001), d’où l’emploi massif de chants et musiques dans les mouvements à vocation totalitaire allant de la simple rythmicité scandée et vocalisée ayant fonction d’hypnotiseur clanique (la musique parlée du rap par exemple) jusqu’aux chants « liturgiques » véhiculés par les sectes religieuses afin d’inféoder, par voie émotionnelle, des individus parfois très déstructurés (emplis d’interdits moraux, sans amour, privés de sexualité, d’une vanité exagérée…) cherchant à se restructurer, à se reconnecter en passant par le souhait de retrouver du sens existentiel en se connectant au « tout universel », les processus grégaires ainsi établis par ces chants sollicitant les neurones activateurs de la fonction « neuromystique » du cerveau humain (qui, en vérité, derrière les élucubrations des religieux, activent le lobe temporal selon plusieurs mécanismes de couplages et de découplages, selon les « phénomènes mystiques » activés : méditation, béatitude, extase, transe de type agitée ou de type contemplative, etc.) en instrumentalisant cette neurofonction temporale puisqu’en l’associant (ces chants inféodant ainsi habilement les « fidèles… croyants » en ces sectes religieuses ou superstitieuses), par ce genre de techniques hypnotiques : sons « musicaux » associés à l’appartenance à une communauté véhiculant une idéologie se voulant unificatrice, regroupante, etc. Nota bene : la « mystique » qui, en vérité, est une simple neuromystique accessible à nos cerveaux de façon endogène (= « naturelle » tant d’un point de vue biochimique que d’un point d’observation neuropsychologique et psychosociologique, sans besoin d’inféodation ni à des drogues variées, ni à des groupes d’appartenance sectaires superstitieux ou/et religieux), que nous pouvons (via l’expérience neuroconnectique par exemple…), après qu’en aient été localisés les mécanismes neuroanatomiques dans le lobe temporal (ce qui est explicité par ailleurs dans nos travaux de recherche quant à cette fonction affectivo-sensitive) et après qu’elle ait été objectivement renommée, sur le plan neurofonctionnel, fonction neuropsychophysiologique temporale « mystique », ou plus simplement fonction neuroconnectique « mystique », ou plus brièvement : fonction « neuromystique », est une neurofonction qu’il est souhaitable d’apprendre à explorer personnellement de façon démocratique dans le sens d’indépendante de toute attache sectaire, car résultant de l’activation librement vécue de certains neurones, activation se vivant via un processus neuroconnexionniste individuel pouvant être exploré et expérimenté par tout un chacun librement lorsqu’il ou elle le souhaite et durant le temps qu’il ou elle le souhaite.

22 Nos neurofonctions méritent d’être étudiées, en termes de travaux dirigés, en tenant compte de leurs interférences mutuelles. Ainsi, la neurofonction 3 lorsqu’elle est connectée à la 4 (lorsque nous voulons être attentifs à nos regards, en entrée, ainsi qu’aux mouvements de nos globes oculaires dans leur orbites, en sortie) passe, pour établir et maintenir la neuroconnexion 3 L 4, par la neurofonction 7 (via la 2…) qui agit dans l’ombre : notre système vestibulaire permet de garder l’équilibre tandis que nous ordonnons à notre biopsychomécanique de fonctionner ainsi de façon multitâche. Pareillement, ce même système de l’équilibre, qui fonctionne en étroite relation avec l’oreille interne et avec notre capacité d’écouter, opère lorsque nous neuroconnectons la neurofonction 4(tête) concernant notre mouvement de rotation de la tête autour de l’axe vertical du cou avec la neurofonction 4(yeux) concernant notre mouvement de rotation des yeux autour de l’axe horizontal du nerf optique. Ce système de l’équilibre opère aussi, pour illustration, lorsque nous neuroconnectons la neurofonction 3 entrante « voir » concernant notre capacité à capter de l’information sensorielle via nos capteurs visuels (yeux) avec la neurofonction 3 sortante « regarder en émettant volontairement un regard marquant (éveilleur, affectueux, généreux, provocateur…) » concernant notre capacité à distribuer de l’information sensorielle par voie corporomotrice vers les capteurs visuels (yeux) d’autrui (contagion motrice d’informations sensorielles). « La fonction du réflexe vestibulo-oculaire consiste à stabiliser le champ visuel sur la rétine malgré les déplacements de la tête. Il produit des mouvements oculaires de compensation (phases lentes du nystagmus vestibulaire) de même vitesse que le mouvement de la tête (gain unitaire) mais dirigés en sens opposé (opposition de phase). De la sorte, le regard, somme du mouvement de l’oeil dans l’orbite et du mouvement de la tête, est stable dans l’espace (…). Étant donné la connexion directe inhibitrice de la transmission vestibulaire de la cellule de Purkinje avec le noyau vestibulaire, une augmentation de l’efficacité de la transmission vestibulaire par la boucle cérébelleuse va diminuer le gain du réflexe vestibulo-oculaire, et inversement », d’après Nicole Boisacq-Schepens et Marc Crommelinck dans Neuropsychophysiologie, chapitre 27, « Plasticité adpatative ». La localisation précise des synapses plastiques, après un long débat entre neurophysiologistes, les montrerait situées au niveau du cervelet et au niveau du tronc cérébral, les deux sites semblant intervenir alternativement selon qu’il y ait sortie seule ou entrée-sortie ou entrée-entrée dans le processus mis en oeuvre sollicitant le système de l’équilibre, ceci étant particulièrement évidant lors des activations de boucles réentrantes sollicitées par l’expérience neuroconnectique.

23 Cet exercice expérientiel activerait les aires cytoarchitectoniques brodmanniennes Br 46 et 47 (discernement et analyse d’informations auditives) situées dans le lobe frontal, et Br 41, 42, 20 et 22, aires, situées dans le cortex temporal supérieur, formant l’aire auditive primaire et le cortex auditif associatif impliqués dans l’audition – ou écoute – physiologique en son ensemble ; cet exercice activerait ensuite des aires préfrontales permettant leur capture mnésique (activation des aires Br 20, 21 et 22 relatives à la perception et la mémorisation) et la production d’une « audition » ou « écoute » physiomnésique. Mieux, cet exercice s’inscrit dans un processus de performances renforçant notre neuroplasticité. Sachant que « les traces de la mémoire déclarative (connaissances épisodiques autobiographiques…) seraient formées et stockées au sein de réseaux de neurones fortement interconnectés (…) ces réseaux se chevauchent : ainsi, une même cellule (ou un même ensemble de cellules) (constitue) un élément fonctionnel appartenant à plusieurs réseaux (chacun représentant une « carte cognitive » spécifique, une catégorie perceptive par exemple (…). L’hippocampe jouerait un rôle important dans la formation et la stabilisation à long terme de ces réseaux fonctionnels (…). Merzenich et collaborateurs ont mis en évidence, chez le singe, une étonnante plasticité des cartes somato-sensorielles et auditives du cortex primaire, induite par un apprentissage permettant une amélioration significative de la discrimination tactile et de la hauteur tonale (…). Ainsi, une discrimination de fréquences sonores suite à un entraînement comportemental chez le primate adulte s’accompagne de (ou est rendu possible par) une modification de la « géométrie » de la carte corticale tonotopique. Durant l’entraînement, l’amélioration des seuils différentiels dans une bande particulière de fréquences faisant l’objet de l’apprentissage est strictement corrélée avec l’augmentation du territoire cortical représentant cette même bande étroite de fréquences sonores. Les changements dans la « géométrie » de la carte corticale apparaissent progressivement au fur et à mesure que le singe devient plus performant dans la tâche (l’expérience neuroconnectique nous montrant que ces constatations sont aussi valables pour ces autres primates que nous sommes, nous humains sapiens) ». Nicole Boisacq-Schepens et Marc Crommelinck dans Neuropsychophysiologie, chapitre 27, « plasticité adaptative ».

24 Quoique nous puissions distinguer, en dehors du neurosous-système (entrant) visuel, cinq autres neurosous-systèmes sensoriels (olfactif, gustatif, tactilokinesthésique, topokinesthésique et sonore), le « T.D. » de neuroconnectique ne mentionnent que le plus perfectionné d’entre eux : le sonore.

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