Parmi les trente cinq exercices de base que compte notre discipline 1, voici l’un des sept exercices-bases affectifs de la neuroconnectique fonctionnelle.

Neurofonction 16tenter d’auto-observer notre position « spatiale » affective (ou position… senti… mentale, ou plus précisément émotivationnelle), lorsque nous nous positionnons émotivationnellement 2 dans l’espace sémiosymbolique = prendre position « sentimentalement » vers le centre ou la périphérie d’un champ affectif, dans telle ou telle rubrique d’émotions « éternelles » (appelées « mécanismes structurels ») ou dans telle ou telle rubrique d’émotions à la mode ou en vogue (appelées mécanismes conjoncturels, tels que peurs et angoisses apparaissant en nous en période de crise économique, par exemple 3), auto-observer lorsque « je » change de position affectivospatiale/« espace » sémiotique (une question pouvant se poser dès cet exercice : lorsque je change de positionnement corporel, allant du salon au jardin, mon « espace » émotivationnel change-t-il, allant, par exemple, de mes émotions concernant les gens éloignés de moi vers celles relatives à mes proches 4 ?). Programmé le mardi pour les étudiants en notre discipline, cet exercice-base oriente ce jour tel une journée affectivement « architecturale »…

Copyright : Daniel-Philippe de Sudres pour la création du texte, Aubry de Rocheprise et al. pour sa discussion, rédaction définitive, présentation et diffusion internautique. Dépôt de fait 1er trimestre 2014. Loi du 11 mars 1957. Art. L122-415 et L335-2 du code de la propriété intellectuelle.

1 L’enseignement de la neuroconnectique propose vingt et un (21) « exercices-bases » (soit vingt et une neurofonctions… simples) pendant les deux premières années d’étude de la discipline, auxquelles s’ajoutent quatorze (14) neurofonctions complexes pendant la cinquième année d’étude de la discipline…

2 Lorsque nous ne nous positionnons pas dans cet « espace » émotivationnel, un chaos confus s’inscrit en notre neurosystème émotivationnel, notamment marqué par « l’indifférence émotionnelle après destruction de cette structure limbique (l’amygdale cérébrale), mais aussi d’autres symptômes observés au laboratoire (déficit de la mémoire, perversions sexuelles et hyperphagie) que l’on attribue plutôt à l’atteinte du cortex temporal susjacent (…). Pour rappel, l’amygdale comprend chez l’Homme deux parties bien distinctes : la région cortico-médiane, la plus ancienne, en relation avec l’olfaction, et la région baso-latérale, récente et très développée chez l’Homme, riche en connexions avec l’hippocampe, l’hypothalamus et le cortex temportal », d’après Nicole Boisacq-Schepens et Marc Crommelinck dans Neuropsychophysiologie, chapitre 18, « Mécanismes neurophysiologiques des émotions ».

3 Konrad Lorenz vécut, durant l’année 1936, dans sa maison d’Altenberg en compagnie d’oies cendrées avec lesquelles il partageait une partie de sa demeure (le séjour, le hall central et l’escalier permettant l’accès principal à l’étage). Il observa alors que, dans ce lieu très spacieux, les oiseaux avaient modifiés leur mode de comportement relationnel, notamment sexuel : le jeune jars qui, dans un espace plus restreint s’était accouplé avec sa mère, selon les attitudes comportementales inhérentes à ces animaux-là, refusait d’approcher celle-ci tandis qu’il jouissait des autres femelles de la maison. (Konrad Lorenz, Les oies cendrées, Éditions Albin Michel, Paris, 1998.) Notre positionnement dans un champ affectif, d’après Daniel-Philippe de Sudres, est étroitement corrélé à notre positionnement dans un champ motriperceptif, de manière encore plus frappante qu’à notre positionnement dans un champ cognitif. Si notre œil peut envisager un mètre quarante avant de rencontrer un mur, nous nous sentons « respirer ». Et s’il peut laisser voguer son regard sur quatorze mètres avant de se sentir libre, il s’autorise l’intuitivité puis la créativité qu’il s’interdit par suicide neuronal en deça de cette distance. Les prisons aux cellules étroites ne libèrent pas les criminels de leur envie de crimes, elles renforcent, au contraire, la cause, souvent traumatique, de leur comportement. Quant aux émotions et sentiments petits, « conjoncturels » (de vengeance, de haine ethnique, d’anthropocentrisme, etc.), le neuroconnecticien nous les présente volontiers tels « le fait d’individus emprisonnés dans des villages, des cités banlieusardes, des appartements exigus aux plafonds bas… ».

4 Cet exemple provient d’une question posée par Catherine Vacher à Daniel-Philippe de Sudres, sous forme de courrier internautique (courriel), à l’époque où Catherine n’avait pas encore intégré un groupe de travail (GDFR, groupe de formation et de recherche). Contextuellement, Dan-Phil avait envoyé un courriel à un réseau d’amis de l’Institut de neuroconnectique, y mentionnant qu’il appréciait de percevoir les humains, que nous sommes, dans leur réalité intime en passant à travers leurs masques, mascarades et jeux de rôles du paraître social : « à nu de mon regard (leur étant porté) avec tendresse et sagesse ». Catherine lui avait répondu : « Cher Dan Phil, il y a certaines personnes que j’aimerais bien percevoir : « à nu de mon regard, avec tendresse et sagesse ». C’est plus facile avec les éloignées qu’avec les proches » ; ce à quoi Daniel-Philippe de Sudres lui répondit (toujours par courriel) : « Chère Catherine, concernant ma phrase : « au-delà des gestes et de la théâtralisation de son personnage, tel qu’il se montrait à moi, je le perçais à nu de mon regard, avec tendresse et sagesse », vous m’écrivez : « C’est plus facile avec les éloignées qu’avec les proches. » Pas vraiment ! Ce qui distingue les « éloignés » des « proches » en nous est souvent une subjectivité qui se ressent chez l’Autre. Notre fille, notre neveu… doit réagir comme ceci et comme cela, ainsi du moins le supposons-nous ; alors nous confondons être identifié (traduire ici : parce que nous présupposons connaître la neuroprogrammation d’autrui) et rester libre en observant cet autre comme pouvant se modifier à tout instant (cette modification de chacun d’entre nous s’opère mécaniquement car, à tout âge, nous copions, en l’ignorant généralement, les comportements de tel(le) ou tel(le) d’entre nos modèles quand il ou elle avait le même âge qu’il nous est donné d’avoir maintenant). Aussitôt que nous regardons cet autre comme étant un être libre ou du moins pouvant l’être, le regardant comme ayant le droit de changer, nous nous libérons nous-même de cette fallacieuse classification entre gens nous étant« proches » (= inféodés au diktat de nos habitudes et a priori) et « éloignés » (= non encore soumis à ce diktat). Et lorsque nous agissons ainsi… sans agir (au lieu de réagir au conditionnement « de proximité » qui est en notre programmation neuronale), nous laissons nos « proches » être libres et ils ressentent notre ouverture tolérante, laquelle leur donne soudain des ailes pour nous confier leurs changements lorsque ceux-ci ont lieu. En entrant dans mon cercle d’amis, vous vous rapprochez de moi, Catherine ; cependant, je m’exprime à vous comme j’agirais si je vous rencontrais pour la première fois, avec en plussss une sincérité, une authentique façon de vous confier d’être à être ce qui m’habite et habite tout humain : l’éloigné et le proche, ici, ne sont plus qu’un. Tendresse et sagesse signifient pour moi cela. ». Plus tard (avril 2010), toujours motivée par cette question de la liberté neuronale (autrefois qualifiée de « liberté intérieure ») Catherine, en collaboration avec Serge Lescaroux (chargé de travaux dirigés et chargé des tutoriels de neuroconnectique pratique), a réalisé, sous la forme d’un petit travail de laboratoire portant sur l’« Étude neuroconnectique des fluctuations entre une motivation et une autre, voire en amont, au-devant d’elles, entre une émotion et une autre, lesquelles varient en rythmes et en intensité, certaines étant plus franches que d’autres… », une auto-observation et une observation réciproque en binôme (avec Serge) concernant la neurofonction 18 que Serge a conservée pour l’inscrire dans le cadre des expériences pouvant être menées – et, ultérieurement présentées à des étudiants – au sein du LMEM (laboratoire de micro-neuroconnectique de l’émotion et de la motivation – l’un des trois « mini-labos » du laboratoire général de micro-neuroconnectique humaine [LGMH]).

Copyright : Daniel-Philippe de Sudres pour la création du texte, Serge Lescaroux, Aubry Moret et al. pour sa discussion, rédaction définitive, présentation et diffusion internautique. Dépôt légal 1er trimestre 2015. Loi du 11 mars 1957. Art. L122-415 et L335-2 du code de la propriété intellectuelle.

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