Cercle de neurophilosophie de Paris

 

 

Le Cercle de neurophilosophie de Paris est né des travaux de l’école doctorale de l’Université de Californie (San Diego), fondée par Paul Churchland, après qu’ils aient été adaptés et développés, depuis une nouvelle discipline neuroscientifique – la neuroconnectique –, par le neuroscientifique et neurophilosophe Daniel-Philippe de Sudres.

 

Celui-ci, suite à un bref échange internautique avec la neurophilosophe Patricia Churchland (compagne de Paul), a fondé ce Cercle – selon un concept de droit international – avec quelques amis.

 

En repos depuis le décès (fin 2012) de son jeune président (Tanguy Moret de Rocheprise)

– notre Cercle renaît de ses cendres, tel le phoenix, en cette année 2016

– et vous invite à participer à ses réunions ayant cours sous forme de « cafés neurophilo ».

 

La neurophilosophie se distingue de la philosophie parce qu’elle explique des faits d’intérêt philosophique « cognitif » (dits « du domaine de l’esprit ») – notamment ceux concernant l’attention, la mémoire, la pensée, la conscience, la pensée consciente, etc – à l’aide des connaissances neuroscientifiques,

– tout en se permettant d’analyser ces faits liés aux neurosciences cognitives (attention, mémoire identificatrice, conscience réflexive…) depuis les modes conceptuels de la philosophie des sciences.

 

Pour exemples, la philosophie historique, jusqu’au XXè siècle, va traiter de la liberté, de l’identité, de l’intimité, de la respectabilité, de la responsabilité, etc. comme de processus existant « en soi », analysant les modes de fonctionnement, de diffusion, de différentiation de ceux-ci compris comme des réalités phénoménales.

 

          A contrario, la neurophilosophie ne considère pas ces « réalités » en soi, mais comme émanant de la source vivante qui leur donne leur expression, ici :  l’être humain sapiens.

 

Ainsi, pour prendre un exemple concret,

– tandis que le philosophe se préoccupe de savoir si la liberté est totale ou partielle, si elle est possible ou limitée par les pouvoirs publics, si nous pouvons tolérer qu’elle soit ou ne soit pas réduite selon certaines conditions sociales (période d’abondance, époque d’épidémie, de guerre économique, militaire, terroriste, etc.), la philosophie ayant pour terrain de réflexion la réalité sociale (depuis la réalité morale, voire éthique) et, pour aboutissement, comme l’avait annoncé Platon et comme l’a exposé Maurice Merleau-Ponty, la politique (en passant par la philosophie politique) ;

– le neurophilosophe se préoccupe de savoir si la liberté est possible ou pas du point d’observation auto-observable intime du fonctionnement de notre cerveau, de notre capacité à nous auto-déconditionner, de la capacité de nos neurones décisionnels à s’affranchir de nouveaux conditionnements (habitudes, endoctrinements, etc.), la neurophilosophie ayant pour terrain de réflexion la réalité neuronale et, pour possible aboutissement (la discipline étant toute jeune), comme l’a proposé Daniel-Philippe de Sudres, la neuropolitique qui, par exemple, ne traite pas de démocratie, mais de « neurobiodémocratie© », dépassant la « politique » ordinaire et politicienne pour atteindre la profondeur de la « politique de civilisation » – au sens morinien du terme, et au-delà…

 

La réflexion philosophique est, à l’époque des neurosciences, d’une superficialité navrante, ennuyeuse, où, pour traiter d’un thème tel « la démocratie », la réflexion portera uniquement sur le fait d’avoir où non des droits et des devoirs, sans jamais se préoccuper de s’il existe des instances, dans notre cerveau, qui sont usuellement conditionnées à fonctionner en mode dictatorial.

 

Ainsi,

– tandis que les philosophes vont parler « dans le vide » du fait qu’il faudrait que « les gens » soient plusss tolérants, plusss démocrates, etc., organisant d’inter… minables colloques sur ce qu’il faudrait être ou ne pas être, sans se demander ce qui, dans notre cerveau, bloque, à tel ou tel moment de notre existence, ces vertus,

– les neurophilosophes se demanderont concrètement comment modifier, dans leur propre cerveau, les groupes neuronaux « qui donnent des ordres » en les poussant à consulter neurobiodémocratiquement d’autres assemblées de neurones.

Pour illustration de l’apport neurophilosophique, le fait que notre neurosystème intellectuel décide tyranniquement, schizoïdement (car sans consulter les deux autres neurosystèmes cérébraux existant chez sapiens) de rendre visite à quelqu’un que notre neurosystème émotionnel et motivationnel considère comme un actuel ennemi, va provoquer un acte manqué tel qu’une parole maladroite ou le fait de trébucher et tomber, par exemple.

 

La philosophie, fondée sur un « humanisme » de façade, théâtral, ne sert qu’à du blabla de salon pour le petit bourgeois vaniteux qui « pense » et qui « s’émeut » et « s’offusque » du méchant, de l’intolérant, du bandit,

– alors que la neurophilosophie adopte une posture réellement humaniste qui, comprenant que nous avons tous le même fonctionnement neuronal (selon le troisième postulat de la neuropsychologie et troisième postulat de la neuroconnectique dit « postulat d’universalité »), ne s’offusque de rien ni de personne, mais observe, avec amour et intelligence, dans le neurophilosophe lui-même (entendons pragmatiquement :  en nous-mêmes), les mécanismes de l’intolérance ou de la méchanceté, les étudie comme dans un laboratoire vivant et en combat les manifestations qui sont, parfois, des compensations demandant des rééquilibrages d’injustices sociales et d’injustesses (d’incohérences) neuronales.

 

La neurophilosophie ne juge pas mais aime intelligemment (et sagement), car nous sommes tous susceptibles de devenir des monstres ou des héros, des égoïstes ou des généreux, selon les conditions extérieures (sociales) et intérieures (neuronales) qui nous imposent leurs diktats, l’outil pour cette discipline nouvelle n’est pas d’observer les autres, mais d’observer nos mécanismes ou, plus exactement, les mécanismes qui animent la machinerie biologique et psychologique en laquelle nous nous réveillons chaque matin, que nous nommons collectivement « sapiens » et, individuellement, « moi ».

 

Enfin, rapprochant philosophie antique et philosophie historique, selon l’espoir que formula Michel Foucault pendant les trois dernières années de sa vie, la neurophilosophie réunit philosophie et neurosciences, réflexion sur les vertus et action pour vivre ces vertus, abstraction et concrétude, réflexions et observations, voire observations et expériences, comme le notait Claude Bernard.

Elle permet de réfléchir non pas simplement à ce que nous observons (liberté, identité, intimité, respectabilité, responsabilité, etc.), mais de réfléchir à comment notre réflexion se forme et se déforme, raisonne de telle ou telle manière à tel ou tel moment conditionné de notre existence, selon tel ou tel mode de fonctionnement de nos neurones, voire à réfléchir à comment cette réflexion n’est pas « notre » réflexion, mais une réflexion qui vient à notre cerveau selon nos conditionnements…

 

La réflexion neurophilosophique peut aller plus loin que l’art de réfléchir et atteindre l’exploration de notre fonctionnement cérébral en train de se vivre, ainsi que l’expérimentation de façons nouvelles de neurofonctionner ;

– elle peut atteindre l’art d’agir tout en étant en réflexion et en émotion, voire en motivation et en cogitation, mais ceci est une autre discipline, neurodiscipline nouvelle qui passionne les passionnés voulant passer de la philosophie « blabla » à la philosophie en action (en grec, « en action » se dit « energeia », énergie).

 

Mais ceci est un autre domaine, qui ne peut être présenté qu’aux membres les plus motivés de notre Cercle, ceux voulant précisément quitter le blabla pour entrer dans la révolution de la conscience…

 

Pour terminer – cinéphilement et humoristiquement – osons l’expression chère à Star Wars :

Que l’Énergie – que la Force – soit avec nous !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Contact :  john2maintenant[at]gmail.com

 

Références :

Index Auteurs

http://civilisation2.org/disposons-nous-reellement-dun-libre-arbitre/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Copyright :  Cercle de neurophilosophie de Paris. Dépôt légal 1er trimestre 2016. Loi du 11 mars 1957. Art. L122-415 et L335-2 du code de la propriété intellectuelle.